Vous trouverez ci-dessous un aperçu de l’ensemble de projets actuellement financés par l’Olivia Fund grâce à votre soutien. La plupart des recherches d’appuient sur la prometteuse immunotherapie; D’autres idees créatives, pistes et axes de recherche ont depuis émergé, surtout explorés par des doctorants et doctorantes et des chercheurs et chercheuses en postdoctorat, le tout sous l’égide d’expert de fifférentes universités belges.

Nous espérons que ces projets aboutiront rapidement à des applications expérimentales et des traitements concrets offrant de meilleures chances de guérison aux patients.

 

Antigènes tumoraux irradiés et nanoparticules

Pour les patients souffrant de glioblastome (la forme la plus courante et la plus maligne de tumeur cérébrale), un traitement standard de chimiothérapie et de radiothérapie ne suffit pas. Pour améliorer les chances de survie, on peut élaborer un vaccin. On génère d’abord des cellules dendritiques à partir des globules blancs du patient.Ces cellules dendritiques sont ensuite exposées à des antigènes tumoraux (= sorte d’empreinte digitale unique de la tumeur qui déclenche la réaction de défense du système immunitaire) et, par là-même, boostent le système immunitaire contre la tumeur. Ce vaccin est cependant très cher. De plus, sa qualité dépend de l’état des cellules sanguines. D’autres pistes sont donc aujourd’hui explorées.

 

Ainsi, Jochen Belmans, doctorant soutenu par le Pr Jean-Pierre Locquet (Centre pour les nanosciences et la nanotechnologie, département de physique de la KU Leuven), a examiné la possibilité d’utiliser les antigènes tumoraux irradiés comme vaccin, en les couplant éventuellement à des nanoparticules (petites boules 10 millions de fois plus petites qu’une balle de tennis). Après injection, le vaccin est pris en charge par les cellules dendritiques dans le corps, et le système immunitaire est stimulé de la même manière qu’avec la vaccination cellulaire dendritique. Jochen Belmans a démontré le fonctionnement de ce concept sur deux modèles souris différents pour le gliome malin (tumeur cérébrale maligne) ; celui-ci était similaire au fonctionnement de la thérapie cellulaire dendritique. Il semble en outre que le système immunitaire des souris ait aussi été capable de reconnaître et attaquer la tumeur en cas de rechute (toutes les souris ont survécu à la deuxième tumeur administrée). Jochen Belmans a également étudié l’effet d’une association de thérapies. Les souris ont été traitées avec de la chimiothérapie et des antigènes tumoraux. Cette association a encore davantage amélioré la survie des souris. Il semblerait donc que l’immunothérapie avec antigènes tumoraux irradiés serait bonne à combiner avec un traitement standard. Et cela pourrait s’avérer une stratégie de traitement meilleur marché contre le gliome.

 

La doctorante Stephanie Seré poursuit désormais le travail mis en place par Jochen Belmans. Elle fait le vaccin et utilise les techniques de Jochen Belmans pour coupler les antigènes tumoraux irradiés à des nanoparticules biodégradables. L’avantage d’une telle approche est que les nanoparticules peuvent servir de support aussi bien à des antigènes tumoraux qu’à d’autres molécules stimulant encore plus efficacement le système immunitaire.

Stephanie Seré a déjà pu démontrer dans différents milieux qui imitent le corps humain (différentes solutions salines) que ces nanoparticules sont en effet biodégradables. En outre, la vitesse à laquelle ces nanoparticules se décomposent peut être adaptée de manière simple en apportant quelques petits changements dans le processus de synthèse (= la ‘fabrication’ de nanoparticules). De cette manière, on peut fabriquer des nanoparticules dont on est certain qu’elles sont prises en charge par les cellules dendritiques dans le corps et en même temps finissent par se décomposer. Ce qui est très important pour éviter les effets néfastes de l’accumulation des nanoparticules dans le corps. Il est également apparu par la suite que l’on pouvait aussi coupler certaines substances aux nanoparticules (étiquettes fluorescentes, antigènes tumoraux) ; ces ‘nouvelles’ nanoparticules sont également ensuite prises en charge par les cellules dendritiques. Dans une étape prochaine, Stephanie Seré va examiner si le nanovaccin lui-même (nanoparticules + antigènes tumoraux) est également pris en charge par les cellules dendritiques, et si elle peut rendre ce vaccin encore plus efficace en attachant aux nanoparticules des molécules super stimulantes.

 

Profilage des survivants à long terme atteints d’une tumeur cérébrale maligne

 

Les gliomes malins sont à ce jour le paradigme de la tumeur cérébrale incurable qui affecte à la fois les enfants et les adultes. Au cours des quinze dernières années, l’évolution du traitement chez les adultes a également ouvert les options de traitement actuelles chez les enfants, car le nombre moins élevé de patients pédiatriques rend les études à grande échelle plus difficile à mettre en œuvre. Le traitement standard dans les deux groupes, consistant en une chirurgie maximale et sûre, suivie d’une radiothérapie et une chimiothérapie, et complété ou non de nouveaux traitements expérimentaux dans le cadre d’un programme d’étude, a abouti un petit groupe de survivants à long terme. À ce jour, on ne sait toujours pas quels paramètres sont responsables de cette survie à long terme des patients individuels et impliqués. Au cours des 15 dernières années, l’UZ Leuven a suivi un groupe important de survivants à long terme, qui sont une source unique d’informations pour identifier leur profil clinique, tissulaire et moléculaire génétique unique, associé à cette survie à long terme. Dans le projet actuel, nous étudierons quelles caractéristiques sont communes dans le profil des survivants à long terme par rapport aux survivants à court terme et dans quelle mesure le système immunitaire des survivants à long terme peut être calibré différemment de celui des survivants à court terme.

Un aperçu de cette différence présumée nous apprendra (1) quels patients sont les mieux adaptés à quelles thérapies et (2) dans quelle direction nous devrions reprogrammer le système immunitaire pour augmenter les chances d’une survie plus longue du patient individuel.

 

L’ immunotherapie dans le cancer de l’ ovaire 

 

Anais Van HooylandtÀ la KU Leuven, le Laboratoire d’Immunologie et d’Immunothérapie des Cancers, dirigé par le Dr An Coosemans, se concentre sur deux tumeurs : le glioblastome de haut grade (tumeur cérébrale maligne) et le cancer de l’ovaire. Neuf personnes au total collaborent à ImmunOvar, le projet dédié au cancer de l’ovaire. L’une d’elles, Eline Achten, est soutenue par le Fonds Olivia (Olivia Fund).

Le cancer de l’ovaire est une maladie néfaste, qui n’est souvent découverte qu’à un stade tardif en raison des symptômes peu nombreux. À ce moment-là, la maladie s’est généralement déjà propagée au ventre. Ceci explique pourquoi la survie à 5 ans est si faible. La plupart des patientes connaîtront une récidive et 80 % finiront par décéder. Les enfants aussi peuvent être victimes d’un cancer de l’ovaire, même si, chez eux, il s’agit d’une autre variante que chez les adultes.

La recherche sur le cancer de l’ovaire est subdivisée en deux grandes pistes de recherche : d’une part, le décodage du comportement du système immunitaire durant l’évolution de la maladie (cette partie est soutenue par le Fonds Olivia), d’autre part, le développement de l’immunothérapie combinée dans un modèle murin de cancer de l’ovaire sur la base des résultats du premier volet. En effet, le développement de l’immunothérapie n’a de sens qu’au moment adéquat de l’évolution de la maladie, donc lorsqu’on sait comment le système immunitaire se comporte dans ces moments-là : quelles cellules sont bonnes et seront donc idéalement gardées intactes ? Quelles cellules sont mauvaises et accélèrent le processus pathologique et seront donc de préférence ciblées ? Etc.

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Nouvelle immunothérapie en cas de neuroblastome

L’immunothérapie peut-elle être utilisée pour lutter contre un neuroblastome, type spécifique de tumeur solide hors du cerceau qui atteint souvent les enfants?C’est la question que se posent la doctorante Isabelle Dierckx et la chercheuse en postdoctorat Nana Dang, sous la direction de leurs promoteurs, le Prof. Dr Mark Waer et le Prof. Dr Ben Sprangers, du Laboratoire de transplantation expérimentale de la KU Leuven.

Etant donné les limites du traitement actuellement utilisé contre le neuroblastome (50-60 % des patients y succombent), Isabelle Dierckx et Nana Dang étudient une nouvelle approche, une nouvelle forme d’immunothérapie cellulaire consistant grosso modo en deux éléments.

La première partie est une forme spécifique de transplantation de moelle osseuse, longtemps utilisée pour traiter la leucémie et le cancer des ganglions lymphatiques et qui, selon les premiers résultats du laboratoire, serait aussi efficace contre les tumeurs solides. Dans une deuxième étape, l’immunothérapie sera ensuite aussi utilisée avec des cellules immunitaires spécifiques (certains leucocytes ou globules blancs) pour renforcer le fonctionnement anti-tumoral. Isabelle Dierckx de Casterlé a déjà démontré sur des modèles souris que cela provoquait un fort effet anti-tumoral, de manière sécurisée.

Nana Dang effectue surtout une recherche fondamentale pour trouver une solution aux réactions de défense nocives qui apparaissent souvent après une transplantation de cellule souche associée à cette immunothérapie. Elle a découvert sur les souris avec mélanome que le succès du traitement était déterminé par l’interaction entre le micro-environnement de la tumeur et les différentes cellules immunitaires injectées avec la moelle osseuse du donneur.

Plus d’infos sur www.cancer.gov/types/neuroblastoma et www.nlm.nih.gov/medlineplus/neuroblastoma.html

La chimiothérapie et le cerveau des enfants

Iris ElensIris Elens, doctorante et psychiatre spécialiste des enfants, effectue des recherches sur l’impact de la chimiothérapie sur le cerveau des enfants, au sein de la faculté de psychologie de Louvain, dans le Laboratoire de psychologie biologique, sous la direction du Prof. Rudi D’Hooge.

De nos jours, grâce à l’amélioration des traitements, la plupart des enfants survivent à la leucémie, cancer le plus courant chez les enfants. Mais l’équipe d’Iris Elens a montré dans une étude avec de jeunes adultes survivants et un modèle souris que la chimiothérapie peut avoir un impact durable sur un cerveau en pleine croissance.

 

Avec ce projet, elles désirent établir une liste des effets et en décrire les mécanismes sous-jacents. Voici ce qu’elles ont déjà découvert:

  • La prédisposition génétique rend certains patients plus sensibles au méthotrexate, le composant principal des traitements modernes contre la leucémie. (recherche sur les jeunes adultes survivants)
  • Des réactions inflammatoires provoquées par la chimiothérapie peuvent jouer un rôle au niveau de l’effet sur les fonctions cérébrales. (recherche sur les animaux)
  • Il existe un rapport important entre le stress chronique vécu à un jeune âge et un impact plus lourd de la chimiothérapie sur les fonctions cérébrales. (recherche sur les animaux)

A travers ces mécanismes, Iris Elens espère mieux percevoir quels enfants risquent davantage de subir des conséquences négatives d’une chimiothérapie. Cela permettra ensuite, dans une seconde phase, d’agir pour limiter voire éviter ces conséquences négatives.

Pour en savoir plus sur les recherches du laboratoire de psychologie biologique, lisez

 

Un traitement plus efficace et moins nocif contre le neuroblastome

A l’Institut de recherche sur le cancer CRIG de l’Université de Gand, l’équipe du Pr Frank Speleman travaille à l’amélioration des traitements du cancer chez les enfants. Les chercheurs se concentrent surtout sur les nouvelles thérapies qui tuent les cellules cancéreuses sans nuire aux cellules corporelles saines (‘thérapies ciblées’ ou ‘traitements de précision’). Les chimio et radiothérapies actuelles ont en effet souvent une influence négative à long terme sur la qualité de vie des enfants, de par les dommages qu’elles causent aux cellules normales. De plus, pour certains types de cancer comme le neuroblastome, les chances de survie restent trop limitées.

L’une des clés les plus importantes pour un tel traitement de précision ciblé est le décryptage des erreurs apparaissant dans le code génétique des cellules cancéreuses. Ces dernières années, de nombreux médicaments ciblés ont ainsi été développés. En même temps, il est aussi apparu qu’une bonne combinaison de plusieurs médicaments est ici essentielle.

En étroite collaboration avec les autres chercheurs de l’équipe du Pr. Speleman, la doctorante Bieke Decaesteker va donc analyser en profondeur les différentes combinaisons possibles de nouveaux médicaments agissant sur des vulnérabilités moléculaires spécifiques des cellules cancéreuses du neuroblastome (l’équipe a déjà découvert dans son laboratoire le réseau moléculaire des cellules du neuroblastome). Ces nouvelles combinaisons seront testées en laboratoire sur différents types de cellules du neuroblastome (ainsi que sur d’autres tumeurs pédiatriques comme la leucémie, le cancer des os et la tumeur cérébrale médulloblastome) et sur la formation de neuroblastome chez des modèles poissons zèbres. C’est une première en Belgique. Quels sont les effets de ces combinaisons de médicaments sur la croissance et la disparition des cellules cancéreuses ? Quels sont les effets moléculaires sur l’activité génique ? Etc. Le but final de cette étude est de préparer des essais cliniques (phase 1) avec les meilleures combinaisons de médicaments, dans le cadre d’un partenariat euroépen.

Plus d’informations sur le CRIG et le laboratoire du Pr Frank Speleman

 

Le plasme étudié dans le cadre d’un nouveau traitement du cancer

Jinthe Van Loenhout, doctorante, fait des recherches en cancérologie plasma au sein de l’équipe du Pr Evelien Smits (Hôpital universitaire d’Anvers – UZA).

Le traitement des cancers par plasma est une approche toute récente qui suscite de plus en plus d’intérêt dans le monde médical. Le plasma est un gaz ionisé que l’on retrouve notamment dans les écrans de télévision plasma. Le plasma contient des particules, notamment des électrons, des ions et des radicaux, qui sont même réactifs à température ambiante. Cela le rend donc également adapté au traitement de matériau biologique.

Des expériences ont récemment montré que le plasma peut tuer des cellules cancéreuses. C’est ainsi qu’est née la ‘plasmathérapie’. Il semble en outre que, bien dosé, le plasma puisse même tuer des cellules cancéreuses de manière sélective, ce qui est un grand avantage par rapport aux méthodes de traitement traditionnelles, qui attaquent aussi les cellules saines.

Toute la question est désormais de savoir si le plasma peut tuer des cellules cancéreuses tout en activant le système immunitaire (=’mort cellulaire immunogène’ dans le jargon du métier). Les premières données, en rapport avec le cancer de la peau et le cancer du côlon, confirment cette hypothèse, mais il n’y a pas encore eu d’études du même genre pour la tumeur cérébrale agressive qu’est le glioblastome. Il est aussi important de savoir quels sont les effets directs du plasma sur le système immunitaire.

Dans le cadre de cette étude, Jinthe Van Loenhout va pour la première fois vérifier si le plasma peut provoquer cette mort cellulaire immunogène dans les cellules du glioblastome ainsi qu’activer des cellules immunitaires. Cela lui permettra d’avoir un meilleur aperçu du mécanisme de fonctionnement du plasma, ce qui est nécessaire pour que l’étude d’une nouvelle thérapie et, dans une phase ultérieure, de certaines associations de thérapies soit approuvée.

Plus d’infos sur ce groupe de travail lisez ici